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[Le Professeur Roger Gabriel Nlep vice recteur de l’ UniversitĂ© de Douala, auteur de la thĂ©orie du]
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30 Avr. 2003
Le Professeur Roger Gabriel Nlep vice recteur de l’ UniversitĂ© de Douala, auteur de la thĂ©orie du "Village Ă©lectoral" s’ est Ă©teint hier mardi matin 29 avril 2003 des suites d’un accident de circulation sur l’axe lourd Douala – YaoundĂ©
Cet autre accident de circulation vient une fois de plus remettre en cause la qualité de nos axes routiers qui , incontestablement détiennent en Afrique le record des accidents de circulation.
DĂ©jĂ en janvier 2003 Ă EbombĂ©, sur l’axe lourd Douala –YaoundĂ©, un mortel accident de circulation a valu la vie de plusieurs dizaines d’usagers. Toujours au courant du mĂŞme mois, du cĂ´tĂ© de Bafoussam, c’est un grumier qui percute un domicile rĂ©sidentiel. Au bilan 10 morts. En fĂ©vrier 2003, non loin de Nkongsamba, deux vehicules de transports publics sont entrĂ© en collision orchestrant la disparition de 08 personnes..
Le mois de Mars s’annonce aussi avec un autre accident de circulation en plein centre urbain de YaoundĂ©.Au bilan 05 morts et plusieurs blessĂ©s.
Le mois d'avril à son tour s'ouvre sur la nationale reliant Bangangté à Yaoundé, deux autres accidents de circulation causent la mort de huit personnes.
Ces accidents recurrents et tragiques sur nos routes aussi fréquentées viennent violemment poser à nouveau le problème de la sécurité des axes routiers camerounais. Ce même mois se ferme par la mort du Professeur Roger Gabriel NLEP sur l'axe lourd Douala-Yaoundé.
Il faut le reconnaĂ®tre, nos routes n'ont plus que de nom. Il est difficile d'emprunter la nationale qui relie Douala Ă Bafoussam ou mieux encore Douala Ă YaoundĂ© sans avoir un pincement au cœur. Ces routes, dont le bitume est repris, donne un goĂ»t de travail insuffisamment exĂ©cutĂ©. Les parties dĂ©jĂ terminĂ©es prĂ©sentent une surface non lisse, voire cabossĂ©e. Sur certaines parties, on a l'impression de circuler sur une piste.
Les usagers qui l'empruntent paient des taxes de pĂ©age sans oublier la rançon qu’ils doivent donner Ă une kyrielle de postes de contrĂ´le de la police.Et rien n'est fait jusqu'ici pour doter nos infrastructures routières des conditions de fluiditĂ© fiables et sĂ©curitaires.Quelques fois, les vehicules que nous utlisons dĂ©passent les usagers en âge....
C'est avec stupeur et Ă©moi que le monde des chercheurs de la communautĂ© universitaire sans oublier les collègues du Professeur NLEP de l’ universitĂ© de Paris VI oĂą il fut Ă©tudiant ont appris le dĂ©cès de Roger Gabriel NLEP des suites d'un accident de circulation ce mardi 29 avril 2003.
AgrĂ©gĂ© de droit public spĂ©cialiste du contentieux administratif ses travaux sur l’ administration publique en Afrique noire ont fait autoritĂ© dans le milieux de la science. Analyste hors pair âgĂ© de 54ans, C’est un baobab du Droit qui s’en va si tĂ´t.
Sa thèse d’ Etat en Droit faisait un diagnostic sans complaisance du ou des systèmes administratifs africain minĂ©s par une myriade de maux Ă l'instar de la tricherie Ă©lectorale, l'enrichissement illicite des hommes de pouvoirs africains, la corruption, le nĂ©potisme, le tribalisme etc.
Ses travaux ont ouvert et continuent d'ailleurs à inspirer un champs de recherches significatives dans la communautée internationales des chercheurs.
Le Grand Prof comme beaucoup de ses Ă©tudiants aimaient l'appeller Ă©tait un homme iconoclaste.Il n’ avait jamais acceptĂ© de s’ enfermer dans les considĂ©rations Ă©goĂŻstes et calculateurs de nos hommes politiques. Entre 1991 et 1996, lors de la rĂ©vision de la constitution du Cameroun, il s'Ă©tait efforcĂ© Ă susciter l'introduction de la notion de candidat indĂ©pendant dans le bloc constitutionnel, la mise sur pied d'une loi Ă©lectorale impartiale et la redĂ©finition de la notion de la dĂ©centralisation effective de nos institutions qui du moins ne sont restĂ©s que dans les textes.
Il meurt ainsi sans avoir pû avec ses constellations du droit public au Cameroun à savoir les professeurs Maurice Kamto, Joseph Owona, Lekene Donfack...achevé l'oeuvre de construction juridico-sociale du Cameroun entrepris par eux depuis plus d'une decenie.
Au delĂ de ses activitĂ©s de recherches voire acadĂ©mique, le Professeur Roger Gabriel NLEP Ă©tait consultant dans un des cabinets de rĂ©putation internationale au cĂ´tĂ© d’ un jeune Camerounais fĂ©ru de droit public et avocat chez PRICEWATERHOUSE MaĂ®tre Max Legrand Mbouhou.
Le décès du professeur Nlep arrive au moment où dans plusieurs Etats et plus précisément au Cameroun le problème de la décentralisation se pose.
Toutes nos condoléances à la famille NLEP, ses gosses et toute la communauté scientifique des chercheurs.
Nous sommes convaincus que la grandeur d’un peuple se mesure aussi Ă sa capacitĂ© Ă honorer la mĂ©moire de celles et de ceux de ses enfants qui ont su mĂ©riter d’elle.
Hugues BERTIN SEUMO
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