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[Pour libérer leur camarade raflé,Des militaires sautent sur le G.M.I]
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31 Mars 2002
Douze nouvelles recrues de l’armĂ©e marine qui voulaient libĂ©rer leur camarade raflĂ© lors de l’opĂ©ration Harmattan ont affrontĂ© près d’une centaine d’Ă©lĂ©ments du groupement mobile d’intervention (GMI) n° 2. Bilan : des blessĂ©s graves de part et d’autre.
“Qui vous a envoyĂ© ici? Qu’est-ce que vous faites ici au GMI? N’ĂŞtes-vous pas mes Ă©lĂ©ments? Mbong, Atangana, Mvogo et autres, qui vous a donnĂ© l’ordre de venir faire le dĂ©sordre ici au GMI?” EnervĂ©, un capitaine de la marine nationale, accompagnĂ© du commissaire de police principal Monkouop Mimouni, chef de service provincial de la sĂ»retĂ© nationale au Lit-toral, ne cesse de vocifĂ©rer. Face Ă lui, ce mercredi 13 mars Ă 18h30’, douze jeunes militaires, couverts de blessures et d’hĂ©matomes, rĂ©coltĂ©s au cours de la chaude altercation qu’ils venaient d’avoir avec près d’une centaine de policiers dans la cour du GMI n° 2 Ă Bonanjo -Douala.
La bagarre sanglante a eu lieu Ă 17h50mn. Les douze jeunes militaires arrivent Ă l’entrĂ©e principale du GMI et demandent aux policiers en faction de les laisser entrer pour qu’ils aillent faire libĂ©rer leur camarade raflĂ© la veille par l’opĂ©ration “Harmattan 2” qui souffle sur la ville de Douala depuis dimanche dernier. Pendant que les trois policiers de la guĂ©rite s’affairent Ă leur expliquer qu’ils ont Ă©tĂ© prĂ©cĂ©dĂ©s par un lieutenant de la marine qui est dĂ©jĂ au poste de police pour le cas de leur camarade raflĂ©, les jeunes marins essayent de forcer le passage. Les trois policiers rĂ©sistent, la bagarre se dĂ©clenche.
Tous les coups permis
La scène qui se passe Ă l’entrĂ©e principale du GMI attire l’attention de près d’une centaine de policiers en rassemblement au stade “Cdt Emmanuel Koum”. Ces derniers foncent en masse sur les marins qu’ils rouent de coups de poings, de matraques, de ceinturons et de gourdins. Les douze nouvelles recrues s’en sortent avec des hĂ©matomes et des blessures sur leurs visages et crânes rasĂ©s. Leurs tenues sont trempĂ©es de sang. Deux d’entre eux perdent chacun deux dents. Du cĂ´tĂ© des policiers, deux Ă©lĂ©ments sont grièvement blessĂ©s.
En un laps de temps, la majoritĂ© de ceux que la ville de Douala compte comme hauts gradĂ©s de l’armĂ©e et de la police arrivent sur les lieux. Chacune des parties expose les faits au colonel Mohamadou Housseini, le commandant de la lĂ©gion de gendarmerie du Littoral. Malheureusement, la fouille des bordereaux du GMI permet de constater que le militaire dont les camarades venaient revendiquer la libĂ©ration ne figure dans aucun fichier. Cet Ă©tat de choses irrite la hiĂ©rarchie militaire prĂ©sente sur les lieux, qui entreprend de menacer les jeunes marins.
Quelques minutes plus tard, le militaire raflĂ© arrive sur les lieux et rĂ©vèle qu’il Ă©tait plutĂ´t gardĂ© Ă la P.J. Devant la hiĂ©rarchie policière et militaire de Douala, le militaire raflĂ© ne manque pas de raconter les misères que lui ont fait subir les Ă©lĂ©ments de l’opĂ©ration “Harmattan 2”, alors qu’il s’Ă©tait prĂ©sentĂ© Ă eux comme Ă©tant un militaire.
Après avoir Ă©coutĂ© attentivement les parties, le colonel Housseini annonce l’ouverture d’une enquĂŞte au niveau de la lĂ©gion pour tirer au clair l’affaire. Les jeunes marins sont libĂ©rĂ©s. Au GMI, bon nombre de policiers pensent que l’assaut des militaires Ă©tait prĂ©mĂ©ditĂ©. Et, pointent d’un doigt accusateur le lieutenant qui avait prĂ©cĂ©dĂ© les douze marins dans leurs locaux comme Ă©tant l’instigateur principal. InterrogĂ© par Le Messager, le commissaire de police Abdoulaye, 1er adjoint au commandant du GMI n° 2, dĂ©clare que “seules les enquĂŞtes de la gendarmerie dĂ©cideront de la conduite Ă tenir après cet acte malheureux”.
Cet incident est venu aggraver l’animositĂ© entre policiers et militaires qui, dans la capitale Ă©conomique, se sont toujours regardĂ©s en chiens de faĂŻence.
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