Veuillez patienter un instant
Votre demande est en cours de traitement...


IT Technologies

Internet par fibre optique au Cameroun

Votre publicité ici?
Contactez-nous ŕ cette adresse: Marketing

Home | Mon Compte | Partenaires | Enregistrement | Contact | Aide | Charte

Traduisez avec Google:    Traduire en allemand  Traduire en anglais
Actualités :
  Bienvenue sur le Portail d'Afritude.Net | 69 users online | 933 membres. mercredi, 08 septembre 2010  

Videos
Egypt 2006


  1. Cam-Angola:3-1
  2. Cam-Togo:2-0
  3. Cam-RDCongo:2-0
  4. Cam-CIV:1-1(11-12 Penalty)



Revue de presse

  Articles sauvegardés


Rubriques
Amour (28)
Automobile (1)
Économie (314)
Éducation (75)
Érotique (3)
Culture (33)
Faits Divers (1025)
Internet (4)
Mers & Océans (2)
Paysages (1)
Politique (922)
Santé (98)
Shopping (2)
Sports (420)
Villes (31)
Voyages (2)
Toutes les rubriques

Agences de presse
ADDHD (73)
Afritude.net (58)
Bilo Bill Online (2702)
Comité Contre la Répression (1)
LIGUE BELGO-AFRICAINE (66)
TNG (61)
Toutes les agences de presse
  .: Revue de presse > Culture > Lueurs et leurres des funĂ©rai....
Retour  
Envoyer cet article par E-Mail Imprimer cet article
[Lueurs et leurres des funérailles]
24 Nov. 2006

Mercredi, 15 novembre dernier. La circulation était pratiquement bloquée au carrefour du Lycée de Ndiengdam à Bafoussam.

En plus, dans un rayon très important autour de ce périmètre, le rythme des tambours et les cris des lamentations, alternativement doux et stridents, déchiraient les airs. Et comme l’on se trouvait aux environs de midi, plus le soleil tendait vers son zénith, plus cette ambiance s’amplifiait. En dépit des gouttes de sueurs qui dégoulinaient de leur visage, chanteurs et danseurs redoublaient d’intensité dans leurs mouvements. Parallèlement, ils brandissaient des queux de chevaux et autres objets qu’utilisaient le défunt de son vivant. Suivant ce rythme collectif et harmonieux, chacun tenait à rendre un ultime hommage à Tadeffo Tamba, notable à la chefferie supérieure Bafoussam et chef du quartier Ndiengdam.

Selon l’importance du rang de ce dignitaire dans la hiérarchie traditionnelle locale, le décor du rituel était suffisamment exceptionnel. Un important volume des pagnes batik en indigo (localement appelé “ Ndouop ”) était accroché sur les murs et sur des piquets. L’exhibition de quelques membres du “ Kumze-Kabem ”, une société secrète autant redoutée que prestigieuse à Bafoussam, donnait un cachet significatif à la célébration.

Complications
D’après certains traditionalistes, ce cérémonial qui se déroule habituellement les dimanches, obéit à un ensemble de règles fixées par les ancêtres depuis des milliers d’années. “ Cela relève de la religion, du culte des ancêtres. Cela va de génération en génération. C’est pour commémorer nos morts, et leur demander la paix et le bonheur. Parce que nous sommes liés à eux par le sang. Il faut faire connaître aux autres que tel nous a mis au monde, qu’il a existé. Et qu’il faut lui rendre des honneurs pour cela ”, explique André Tchachouang, dignitaire traditionnel à Bagang-Fondji, près de Bandjoun, et enseignant d’histoire.

C’est ainsi qu’avant la célébration des funérailles d’un parent, ses descendants doivent d’abord s’acquitter de certains impôts en nature. Au préalable, des chèvres, des tines d’huile, des sacs d’arachides, de pistache et du bon vin doivent être remis au fo’o (chef) afin qu’il autorise la parade commémorative. Au cas où le défunt appartenait à l’une des sociétés secrètes du village, il est impératif que les membres du groupe mystico-réligieux soient “ nourris ” par la famille. “On ne pleure pas tout le monde de la même manière. Si vous avez un chapeau de notable, il y a de rites particuliers qu’il faut faire à votre endroit. Si vous êtes un simple citoyen, vous pouvez faire vos funérailles sans même passer par la chefferie ”, précise cet enseignant. Ceci n’empêche pas que chaque célébrant, au petit matin du jour des manifestations, soit obligé de présenter une marmite de plantain, garnie de viandes de chèvre, de porc ou de bœuf au représentant du fondateur de la famille à laquelle appartenait le défunt. Après cela, celui qui officie comme prêtre, se rend sur le principal lieu sacré de la concession puis dans le sanctuaire où sont logés les crânes des ancêtres. Au cours de ces séquences, des incantations sont prononcées en vue de l’obtention, au bénéfice des descendants, de la clémence ou de la bénédiction du “ Dieu des ancêtres ”.
Pour la suite du rituel, chaque rejeton du défunt, homme adulte ou femme mariée, suivie de ses invités personnels, est tenue de faire un tour de lamentation. A la cadence des sons des tambours, des chants de requiem entonnés par des femmes ou des cris repris fortement par des hommes. Selon le politologue Jacques Philibert Nguémégné, auteur d’un ouvrage sur l’histoire des Institutions et faits sociaux du Cameroun, la queue du cheval brandie lors des funérailles en pays Bamiléké traduit la célébration de la victoire de la vie sur la mort.
C’est pour cela qu’au-delà de tout, les grandes réceptions et les danses traditionnelles - qui ne peuvent être exécutées que pendant les jours de réjouissance selon le calendrier traditionnel- viennent boucler la boucle.

Un culte d’autoglorifiaction
Il y a une quinzaine d’années, c’est presque avec frénésie que des jeunes élèves de l’ex-Ces de Bamendjou, aimaient se retrouver le lundi matin avant les cérémonies de levée des couleurs. Il n’y était pas question de parler exclusivement de football. Mais il fallait commenter l’actualité des différentes funérailles qui ont animé le village pendant les week-ends. Loin de s’attarder sur les anecdotes et autres intoxication alimentaire ou accidents causés par les armes traditionnelles, les regards étaient plutôt focalisés sur le nombre de poulets offerts par telle élite, ou le nombre de camionnettes de boisson commandées chez “ papa Patrice ”, naguère le plus célèbre grossiste de boisson dans la contrée. C’était avec passion que chacun voulait narrer les merveilles qui ont ponctué les manifestations chez ces “ bourgeois ” venus de Douala ou de Yaoundé. L’on s’essayait d’évaluer les millions déboursés par eux dans l’optique de “ se faire voir ou valoir au village ”. Et par-dessus tout, l’on voulait savoir si un “ boum ”, c’est-à-dire un bal dansant, avait été organisé pour permettre à la jeunesse de s’éclater au rythme du zouk des Kassav ou du makassi de Sam Fan Thomas.
Quinze années après, qu’en est-il ? En dépit de la récession économique qui frappe de plein fouet notre pays, et qui fait que croître au fil des ans, cette tendance mégalomane ne fait que s’accentuer. D’ailleurs, il y a quelques jours, dans une buvette au quartier Tougang-Village à Bafoussam, un adepte de ce style s’est particulièrement mis en spectacle. “Nous sommes bien nés. Notre concession est en ville. Pour que je vende un terrain, il faut que l’acheteur prépare au moins une somme de un million de Fcfa. Pensez-vous que l’on peut pleurer mon père comme n’importe qui ? Avant de mourir, il a laissé au moins sept garçons qui ont tous réussi dans la vie. Les autres sont même en Europe ”, a-t-il laissé entendre.

Retour à l’authenticité
Une puissance financière que ses frères et lui entendent exhiber d’ici peu à Tchitchap, au moment de la célébration des funérailles de leur géniteur. Bière pression, port des pagnes spéciaux, intervention d’un service traiteur, pourraient faire partie du décor. Même si c’est au prix d’une dizaine de millions de Fcfa. Relativisant cet élan, Henri Tagne admet néanmoins que : “ s’investir pour l’organisation des funérailles est aussi une façon de montrer aux ancêtres qu’ils ont laissé des enfants dignes. ”
Cette position est combattue par Joseph Kamga. Vendeur de livres au marché “ A ” de Bafoussam, il pense qu’il ne faudrait observer que des aspects symboliques de cette exigence coutumière. “ Dans certaines familles, l’on n’arrive pas à payer les fournitures scolaires aux enfants, et l’on passe le temps à dépenser pour les funérailles ”, s’indigne-t-il. Pour sa part, Alain Nantchouang s’oppose catégoriquement à l’organisation des funérailles. “ Nous vivons une absurdité. D’où venons-nous, où allons-nous ? Je me situe dans une logique purement athée. Les funérailles relèvent des événements créés par l’ homme pour se faire plaisir ”, déclare-t-il. Pour limiter les “ épargnes forcées ”, et par conséquent les dépenses exorbitantes, la règle des “ enterrements-funérailles ”, en vigueur à Bandjoun depuis quelques années, est en train de faire des émules dans les autres villages.

Par Guy Modeste DZUDIE
Le 23-11-2006  Le Messager

Écrire au posteur: Bilo Bill Online
Retour  
 
Forums sur le Portail d'Afritude.Net
Amour (9)
Économie (2)
Éducation (11)
Culture (5)
Faits Divers (6)
Internet (2)
Plages (1)
Politique (51)
Santé (1)
Shopping (2)
Sports (7)
Voyages (2)
Tous les forums

Rechercher dans nos forums:


Newsletter
 
Titre:
Nom:
Prénom:
E-Mail:
Abonner
Desabonner

 

Copyright© 2010 Afritude.net! Tous droits reservés.
Presse - Forums - Newsletter
Sondages - Articles sauvegardés - Enregistrement - Contact - Charte - Aide
NOTE: Nous collectons des informations personelles sur ce site.
Pour avoir plus de détails sur la manière dont nous utilisons ces informations, veuillez lire notre Charte.