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[Affaire des primes :Zacharie Noah répond à Mbarga Mboa]
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09 Nov. 2006
Le père de Yannick Noah a fait une déposition mercredi de la semaine dernière à la direction de la police judiciaire à Yaoundé. Il se livre au Messager.
Votre compatriote et confrère Eugène Njoh Léa est décédé. Vous qui l’avez connu qui était-il ? (Il sursaute et laisse couler une larme. Il n’était pas encore informé.) J’ai eu à le rencontrer, pratiquement, à la fin de sa carrière. Moi je débutais. C’était un type charmant. Comme footballeur, c’était l’un des plus grands avants-centres. Même s’il n’a pas beaucoup opéré ici au Cameroun. C’était un grand joueur. Il a eu une fin de carrière absolument extraordinaire au même titre que Salif Keita qui l’a remplacé à L’As Saint Etienne. Il a laissé un grand souvenir de footballeur en France. Cette disparition me rend triste. C’est une génération de joueurs qui est en train de partir. Nous avons eu Ndoumbè Mondo contre qui j’ai joué quand j’étais à Sedan. Voilà Njoh Léa. C’est une grande tristesse de voir les anciens camarades partir comme cela.
Parlons un peu de la tradition de sport dans la famille Noah. Joachim Noah votre petit-fils vous a dédié son succès aux Etats-Unis avec son université qui a remporté la finale de basket-ball. Il a dit que cette force lui est venue de vous. Concrètement, qu’est-ce que vous lui avez donné ? J’ai toujours prôné, en matière de sport, beaucoup de travail. Je prends mon exemple. Je n’étais pas un footballeur très doué. Mais je compensais mon manque de don par un travail acharné. Je suis arrivé à m’en sortir. Je suis devenu professionnel, vainqueur de la coupe de France. Ce qui n’était pas donné à tout le monde. J’ai transmis cette force à Yannick Noah. Il a fait autant avec Joachim Noah. Joachim est un grand bosseur. Même s’il a, lui, beaucoup de dons pour jouer au basket-ball. Etre un travailleur acharné, c’est très important pour un garçon de son âge.
Zacharie grand footballeur, Yannick légende du tennis mondial et Joachim une étoile filante du basket-ball international. Qu’est-ce que cela vous fait ? Je suis fier de ce que ma progéniture a fait. Cela ne m’empêche pas d’être modeste. Je dois dire qu’on peut avoir des dons et ne pas réussir. Il faut avoir la capacité de se sublimer et de travailler.
Vous êtes un patriarche Béti. Un peuple qui est en train de perdre ses traditions. Qu’en dites-vous ? C’est quelque chose qui m’interpelle toujours. Je suis ici au Cameroun. J’ai été élevé par mes parents avec certaines convictions. J’ai une identité que j’ai gardée et que je voudrais bien transmettre à mes enfants et aux jeunes que je côtoie. Ils doivent savoir d’où ils viennent. Ce qui permet de mieux gérer sa vie, selon ses moyens. Je fais en sorte qu’on ne vive pas des rêves. On peut vivre de son petit travail à condition de le faire honnêtement et on est heureux.
Un cas rare à Yaoundé. Vous êtes toujours propriétaire terrien. Des terres que vous ne vendez pas. Yannick disait que quoi qu’il fasse, il reste toujours un Etoudi. Oui, je peux partir en France vivre avec mes enfants. Je suis ici pour justement garder notre identité à Etoudi. Nous sommes les enfants d’ici depuis mes arrières grands-parents. C’est tout à fait normal que je vienne perpétuer nos traditions. Mon père ma demandé de ne jamais vendre notre terrain. Mais que si quelqu’un de notre famille en avait besoin, que je lui donne une portion. J’ai respecté cette recommandation. Mes enfants et mes petits-enfants vont venir ici. Joachim est un fanatique d’Etoudi sans avoir vécu ici.
Il est dit de tous que vous entretenez avec vos enfants des relations d’abord amicales, puis paternelles. Je suis fier d’avoir eu des enfants étant encore jeune. Maintenant, étant donné que j’ai une certaine façon de vivre, mes enfants sont mes amis. Le bonus ici étant le très grand respect qu’ils me réservent. Yannick c’est mon copain et mon fils. Là , c’est facile, les âges se sont rétrécis un tout petit peu.
Il y a toujours de l’énergie pour défendre les amis. Surtout lorsqu’ils sont innocents. Est-ce pour cela que vous vous battez pour la matérialisation de la vérité dans l’affaire des primes de la Can 2006 ? Il y a des gens de mauvais esprit qui pensent que c’est une sorte de vengeance ou de jalousie. Mais non, il n’en est pas question. C’est exclu dans ma tête. J’ai défendu mon fils, j’ai défendu mon copain. Je ne voulais pas que partout où je passais, comme cela a été le cas à Kribi, que les gens disent que mon fils a pris l’argent chez les pauvres. Venir prendre chez les autres, je dis non. Je ne pouvais plus supporter. J’ai pété les plombs. Yannick n’est pas venu au Cameroun pour cela. Il n’a écrit ni à la fédération, ni au ministère en charge du sport pour s’occuper des Lions. Il a été appelé pour un travail spécifique. Et il a demandé qu’en contrepartie, que s’il accepte qu’il s’occupe lui-même de ses voyages, hébergement et restauration. Il a dit qu’il ne demande absolument rien au Cameroun. Parmi les Lions indomptables, il a des amis comme Rigobert Song Bahanag ou Patrick Mboma. Il connaît ces jeunes. Il était content de venir. Je suis tombé sur des renseignements comme quoi il a eu à émarger. J’ai soulevé le problème. J’ai demandé à Yannick si c’était vrai. Il m’a dit “ papa il ne faut pas que tu lâches ça, il faut avoir la lumière. Parce que j’ai les factures de toutes mes dépenses. Mon bureau me paye tous mes frais comme d’habitude. ” L’affaire a été déclenchée. Moi j’ai défendu mon fils, un point, un trait. Je ne cherche noises à qui que se soit.
Avez-vous été saisi par les services du Premier ministre pour en savoir plus ? Non ! Monsieur le Premier ministre, je pense, a eu des contacts avec Yannick. A la limite quand j’ai vu que ça n’allait pas bien, j’ai contacté les bureaux du Premier ministre et on m’a donné les contacts de ses services. Je ne suis pas au courant de ce qui s’est passé entre les services du Premier ministre et Yannick.
Vous avez fait une déposition à la police judiciaire mercredi dernier. De quoi était-il question ? C’est toujours la même chose. On m’a demandé de montrer ce qui a été écrit concernant les rémunérations de Yannick. J’avais les papiers je les ai montrés. C’est tout.
Avez-vous les papiers qui attestent que les gens ont émargé au nom de Yannick ? Je n’ai pas la signature des gens. Mais, il y a le nom de Yannick qui figure sur des papiers avec la somme d’argent qu’il aurait encaissée. En plus, l’étonnant : ce qui est marqué sur ce que j’ai pu voir et montrer à la Pj ce sont les rémunérations à la Can du Caire. Or, Yannick était en concert en France. Il n’a jamais mis les pieds au Caire avec les Lions indomptables. Je me suis demandé à quoi ça tournait. J’ai eu le témoignage des gens qui étaient au Caire. Ils ont attesté qu’il n’y était pas.
Est-il prĂŞt Ă venir au Cameroun pour la matĂ©rialisation de la vĂ©ritĂ© ? Dans l’état actuel des choses, je pense que les gens qui s’occupent de ces problèmes n’ont pas besoin de lui, ici. Par tĂ©lĂ©phone et par voie de presse, il a dit exactement ce qu’il avait Ă dire. Il n’a aucun intĂ©rĂŞt Ă venir pour de tels problèmes. Qu’on parle du passage des cadres du Minsep Ă la Pj, cela ne me prĂ©occupe pas. Je n’ai jamais Ă©tĂ© mĂŞlĂ© ni de près ni de loin Ă ce ministère. On n’a jamais prononcĂ© mon nom pour une histoire du ministère. Je suis libre.Â
Par Interview réalisée par Sandeau Nlomtiti Le 09-11-2006 Le Messager
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