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.: Revue de presse > Éducation > Jacques Fame Ndongo : L'acuitÃ....
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[Jacques Fame Ndongo : L'acuité de la pression démographique n'échappe à personne]
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16 Oct. 2006
Le ministre de l'Enseignement supérieur s'exprime au sujet de la question des infrastructures dans les universités d'Etat.
M. le ministre, vous avez présidé, il y a quelques semaines, une réunion avec les recteurs des universités d'Etat, au cours de laquelle a été abordé le problème des infrastructures universitaires. Pouvez-vous faire, en quelques mots, l'état des lieux sur ce sujet à la veille de la rentrée officielle dans les universités ? La rentrée académique est effective dans toutes les universités d'Etat depuis au moins une semaine. Il est de tradition que l'une des séances régulières de travail avec les chefs des institutions universitaires d'Etat soit consacrée à la préparation de la rentrée universitaire, singulièrement à l'examen de la situation en ce qui concerne la capacité d'accueil. C'est ainsi qu'à la fin du mois d'août dernier, le vice-chancellor, les recteurs et moi avons échangé de long en large sur les infrastructures à la veille de la rentrée 2006/2007. Celle-ci intervient dans un contexte marqué, plus que par le passé, par une pression des effectifs en liaison avec les succès massifs enregistrés aux examens de fin d'études secondaires, c'est-à -dire le Gce A Level et le Baccalauréat. Nous avons constaté que, dans l'ensemble des six universités d'Etat, les responsables étaient à pied d'œuvre pour réserver aux nombreux candidats à l'inscription et à la réinscription le meilleur accueil possible. Cela se traduit par la réhabilitation des infrastructures existantes en même temps que la construction de nouveaux bâtiments. Pour ce faire, les universités ont bénéficié, en plus des ressources budgétaires de l'exercice 2006, de la mise à disposition par le ministre de l'Economie et des Finances d'importantes ressources supplémentaires, dans le cadre d'une subvention d'investissement d'urgence, à hauteur de près de 2,3 milliards Fcfa pour l'ensemble des institutions universitaires publiques. Auparavant, sur très hautes instructions du Chef de l'Etat, des déblocages des crédits au profit des universités d'Etat avaient concerné les rubriques ci-après : les arriérés de subventions de fonctionnement des deux derniers exercices budgétaires, à hauteur de plus de 6 milliards Fcfa, etc.
Qu'est ce qui a été fait avec ces concours ? Grâce à ces ressources, les universités ont pu mener conjointement des programmes de réhabilitation des infrastructures délabrées ou dépassées par le temps et de construction de nouveaux bâtiments. Ainsi, on peut signaler, à titre d'illustrations (évidemment sans être exhaustif du tout) : les amphis 501 et 502 à l'Université de Douala ; les amphis 700 et 1000, les bâtiments de deux niveaux et celui des travaux pratiques d'informatique à l'Université de Yaoundé II ; les travaux de l'amphi qui ont commencé ; les blocs pédagogiques à l'Université de Yaoundé I (Faculté des Arts, Lettres et Sciences Humaines ; Ens, établissement principal et annexe de Bambili) ; un amphi 750 et un bloc pédagogique de 600 places à l'Université de Ngaoundéré ; un autre bloc pédagogique à l'Université de Buea ; deux blocs pédagogiques d'un total de 1300 places à l'Université de Dschang ; les amphis 750 à Ngaoundéré et le Centre médico-social de ladite université.
Faut-il encore souligner qu'à Douala par exemple, la finition en cours des travaux de réhabilitation et/ou de construction d'un amphi et d'un bâtiment R + 3, d'ici à janvier 2007, va augmenter la capacité d'accueil de cette Institution de plus de 8700 places… Parallèlement, les recteurs renouvellent des contrats de partenariat pour l'exploitation de certaines structures scolaires ou socioprofessionnelles locales, à Yaoundé, à Douala, à Dschang. Il vous souviendra par exemple qu'à Douala, les locaux du Matgénie ont pu être exploités moyennant des travaux de réhabilitation appropriés… Tout cela montre que les recteurs font preuve d'imagination et prennent des initiatives idoines pour atténuer les effets d'une pression démographique dont l'acuité n'échappe à personne. Des instructions leur ont été données afin que l'inventivité des uns et des autres se manifeste au niveau de la confection des emplois du temps sur une base dont la rationalité soutiendra l'exploitation à bon escient des infrastructures réaménagées, construites ou louées.
Peut-on avoir une idée générale de la politique mise en place par l'Etat pour prévenir le sureffectif des étudiants depuis la création, en 1993, des six universités actuelles ? A partir des exemples que je viens de citer, il y a lieu de constater, en toute objectivité, que la haute volonté du chef de l'Etat de permettre aux universités de remplir leur contrat de performance avec la société est constante. Il ne faut pas perdre de vue que les besoins sont immenses. Ceci est d'ailleurs lié au fait que, conformément aux dispositions de la loi d'orientation de l'Enseignement supérieur, l'Université est, en principe, ouverte à tous les candidats remplissant les conditions requises. La prévention des sureffectifs se traduit aussi par la diversification de l'offre de formation. En plus des formations habituelles, de nouveaux types de formation sont expérimentés de façon satisfaisante. Il en est ainsi de la formation à distance (Foad) : l'expérience a connu un succès remarquable à l'Université de Dschang (Iut de Bandjoun), avec l'appui de la Coopération française. Elle est en cours d'extension dans les autres universités d'Etat avec une priorité pour la mise en place des Tic […]. Le projet (très avancé) de création de Zones franches universitaires participe aussi de cette politique. Un comité de pilotage de cet important projet, qui vise l'accroissement de l'offre de formation professionnalisante, a été créé par acte du Premier ministre, chef du gouvernement. L'enrichissement de la carte universitaire fait l'objet d'une attention soutenue. Des établissements créés par les textes de 1993 pourraient être ouverts à brève échéance, si la très haute hiérarchie en a convenance. Il en est ainsi de la Faculté de génie-industriel et de la Faculté d'Etudes Médicales à l'Université de Douala ; du Département d'Etudes Médicales à la Faculty of Health Sciences de l'Université de Buea ; de l'Ecole Inter-Etats Vétérinaire à l'Université de Ngaoundéré, dans la localité de Bélel… […] Il ne faut pas l'oublier : la gestion préventive et curative des effectifs est une tâche de longue haleine. Il n'y a pas de baguette magique à laquelle l'on pourrait recourir. Plus les réalisations sont faites, plus le nombre des candidats à l'accueil s'accroît. C'est pour cela que la recherche des meilleures solutions possibles demeure constante.
Pensez-vous que les universités reçoivent suffisamment d'argent pour faire face à l'évolution sans cesse croissante de la population estudiantine ? Je viens de vous le dire, et cela est d'ailleurs d'une grande évidence : l'adéquation entre les besoins et les moyens disponibles ne peut pas être assurée une fois pour toute. L'a-t-elle jamais été dans une université, même dans les pays dits développés, donc disposant de moyens colossaux ? Il me semble que non. Il conviendrait d'éviter d'être excessif s'agissant de l'insuffisance des moyens par rapport aux besoins en matière d'Enseignement supérieur dans notre pays […].
Que répondez-vous à ceux qui attribuent le déficit d'infrastructures à la mauvaise gestion par les Recteurs des fonds affectés aux Universités ? A ceux-là , je répondrai qu'il s'agit en très grande partie d'un mauvais diagnostic qui a pour conséquence, évidemment, la dénaturation des données. Les chefs des institutions universitaires donnent le meilleur d'eux-mêmes. J'ai eu à les en féliciter au cours de nos diverses rencontres. Tous méritent ces félicitations et ces encouragements, ce d'autant plus que, par nature, la gestion des universités est d'une complexité indicible. Des dispositions sont prises pour l'amélioration des performances de chacun et de tous. D'où d'ailleurs le fondement de nos concertations permanentes instituées par la réglementation en vigueur. […]
S'il vous était demandé de faire une comparaison entre le montant du budget global des six universités d'Etat et celui mis à la disposition de la défunte Université de Yaoundé… A mon sens, il conviendrait plutôt de rappeler que vous faites allusion à deux contextes différents : la conjoncture d'aujourd'hui n'est pas celle d'hier, ce qui invite à éviter des comparaisons indues, sauf si l'on veut procéder par l'amalgame et forcer des conclusions. Encore une fois, il est instructif de noter des réalisations faites dans les universités en dépit des difficultés conjoncturelles. […]
13 ans après la réforme de l'Université, on constate que les " nouvelles universités " créées sont encore en butte à des problèmes fonciers. Yaoundé I et Douala, notamment, sont à la recherche du terrain. Qu'est-ce qui explique cette surprenante apathie de l'Etat sur cette question foncière ? L'acquisition des terres obéit à la réglementation foncière en vigueur, comme dans tout Etat de droit. Il ne suffit pas à l'Etat de décider de la mise à disposition de telles ou telles parcelles. Des mesures d'accompagnement sont nécessaires afin que les droits des populations, le cas échéant, soient respectés. C'est une question de négociation entre les collectivités villageoises et l'administration. L'exemple de l'Université de Douala que vous mentionnez fort à propos, illustre les progrès accomplis en matière de recherche de solutions pour l'extension des campus universitaires. Je saisis l'occasion pour exprimer une fois de plus, la gratitude du Gouvernement à l'endroit des populations de Mankoulang-Souza dont les bonnes dispositions ont permis une évolution très satisfaisante du dossier. En termes de disponibilité de nouveaux espaces, les horizons sont reluisants en ce qui concerne l'Université de Douala.
Comment réagit le ministre de l'Enseignement Supérieur quand on lui dit que les réfectoires servent de salles de cours dans certaines Universités d'Etat et que certains étudiants des filières scientifiques achèvent leur cycle de licence sans recevoir le moindre cours pratique dans un laboratoire ? Il faut remettre les choses à l'endroit. Des espaces initialement réservés aux activités péri-académiques ont pu être utilisés provisoirement pour certaines activités d'enseignement. Mais, dans ces cas, les aménagements nécessaires ont été faits, et en tout état de cause, il ne peut s'agir que de solutions palliatives, face au déficit réel en infrastructures. Concernant votre deuxième affirmation, j'en souligne l'inexactitude. Certes, dans certains cas, le nombre de séances de travaux pratiques peut avoir diminué du fait de la très forte population estudiantine dans les établissements scientifiques et technologiques notamment, mais aucun étudiant ne peut avoir terminé tout un cycle de licence par exemple sans avoir eu quelques séances de travaux pratiques. Il ne faudrait donc pas assimiler l'insuffisance à l'inexistence. Les enseignants sont à féliciter, vu le pouvoir d'inventivité dont ils exploitent les ressources pour pallier les insuffisances et permettre aux étudiants de recevoir des connaissances appropriées. Je dois dire que d'après des témoignages dignes de foi, même dans certains pays développés, il arrive parfois que des gymnases soient transformés en salles de cours, moyennant quelques réaménagements adéquats.
Les problèmes infrastructurels ont des conséquences directes sur l'encadrement des étudiants. Que répondez-vous à ceux qui estiment que les produits des universités camerounaises ne sont plus compétitifs ? Ceux qui affirment sans retenue que " les produits des Universités camerounaises ne sont plus compétitifs " devraient pouvoir reconsulter leurs sources d'information. Malgré la conjoncture difficile, nos étudiants sont formés dans l'optique de la compétitivité. Le nombre d'anciens étudiants de nos universités qui brillent dans les universités étrangères est élevé. Nos étudiants raflent la quasi-totalité des bourses de l'Auf, par exemple. Le renforcement de la qualité, en matière d'encadrement de nos étudiants, se concrétise par la mise en place de centres d'excellence, à l'instar de la chaire Senghor de la Francophonie à l'Iric. Autre exemple, toujours parmi les plus récents : en vue d'assurer, une fois l'an, une préparation méthodique et rigoureuse des candidats des pays d'Afrique centrale au concours d'agrégation de médecine humaine, organisé par le Cames (Conseil africain et malgache de l'Enseignement supérieur), j'ai créé, à Yaoundé, un centre interuniversitaire de préparation à cette haute compétition scientifique. […] L'attractivité de l'encadrement de nos étudiants est attestée par le nombre croissant de candidats à l'inscription dans nos Etablissements universitaires, candidats provenant des pays de la sous-région. Propos (écrits) recueillis par Christophe Bobiokono Quotidien Mutations
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