04 Sept. 2006
Des rectificatifs ont été apportés sur les textes, après les tripatouillages constatés la semaine dernière.
La famille de Hamidou Emmanuel peut s’essuyer les larmes. Déclaré mort et remplacé à son poste de proviseur du lycée classique de Kaélé au terme de l’arrêté de la semaine dernière portant nomination de responsables dans les services extérieurs du ministère des Enseignements secondaires (Minesec), cet enseignant vient, en effet, d’être "ressuscité" par de nouveaux textes ministériels rendus publics samedi, 1er septembre 2006. Pour le compte de l’année scolaire 2006-2007 qui débute ce 4 septembre, Hamidou Emmanuel officiera désormais comme proviseur au lycée de Meiganga, département du Mbere (province de l’Adamaoua). La fin d’un cauchemar rendu possible par le ministre Louis Bapes Bapes, qui semble avoir passé au peigne fin l’ensemble des textes publiés la semaine dernière, et dans lesquels plusieurs noms de proches avaient été frauduleusement insérés par certains responsables du Minesec, au détriment de ceux effectivement désignés par la tutelle (Cf. Mutations n° 1729 du vendredi 1er septembre 2006).
Samedi, 2 septembre dernier, à la suite du Ok donné par les services du Premier ministre, Louis Bapes Bapes a en effet signé une nouvelle série de textes rectifiant et complétant les précédents. Pour ce qui est des retouches précisément, il était vraisemblablement question pour le ministre des Enseignements secondaires de remettre les choses en ordre, c’est-à -dire en confiant des responsabilités à ceux de ses collaborateurs sur qui il avait préalablement porté son choix ; et en sanctionnant éventuellement ceux dont la promotion ou la mutation était le fait des réseaux parallèles. Et dans ce chapitre, le cas de M. Ava Jean est une illustration parfaite des micmacs survenus dans l’arrêté de la semaine dernière. Ancien surveillant général du Ces de Ngoa-Ekellé, ce dernier avait, à travers diverses combines, été "promu" censeur au lycée de Mendong (Yaoundé). Samedi dernier, Louis Bapes Bapes l’a simplement relevé de ces fonctions, et nommé Mme Assoumou née Okomo Secondine à la place.
Boomerang
S’il est l’un des rares responsables du Minesec à avoir été relevé de ses fonctions samedi dernier, M. Ava Jean n’est cependant pas le seul dont la nomination publiée la semaine dernière a été rectifiée par Louis Bapes Bapes. M. Nkwenti Simon, nommé, lui, proviseur du lycée de Mbatu Bamenda le 26 août dernier, cède sa place à Mofor Ndasi Denis, jusque-là inspecteur pédagogique national. Idem pour MM. Ntemngwa Paul Sixtus et Mbu Etung Thomas, respectivement proviseur au lycée bilingue de Manfe et au lycée bilingue de Fontem (province du Sud-Ouest) dans le premier arrêté ministériel. Ils devront finalement rester à leur poste, leur permutation annoncée étant remise en cause dans les nouveaux textes officiels. Au lycée technique de Mora, M. Domba Léon aura également eu une joie de courte durée. Ancien directeur de l’ex Cetic de Mora, il ne sera finalement pas le proviseur du lycée technique de la ville. Depuis samedi dernier, l’héritier du poste s’appelle M. Waguele, un ancien cadre de la délégation provinciale du Minesec dans l’Extrême-Nord.
Pour ce qui est des censeurs, ils sont tout aussi nombreux, ceux ayant été nommés le 29 août, à avoir perdu leur poste le week-end dernier. Au lycée de Soa, par exemple, Lemana Yomo Max Félicien, ancien surveillant général au lycée de la Cité Verte (Yaoundé), remplace M. Hega Martin Léonard. Au lycée de Makak, c’est M. Bikoï Batjom Ruben, l’ancien surveillant général, qui est préféré à M. Oum Jean Alfred, actuel surveillant général au lycée Leclerc (Yaoundé), pour remplacer l’ancien censeur, M. Njock Jérémie. Scénario catastrophe également pour M. Bias Pascal, précédemment annoncé censeur au lycée bilingue de Deido (Douala). C’est finalement l’ancien surveillant général du lycée d’Akwa, M. Bitchoka Isidor Sylvain, qui occupera le poste. Japoma n’a pas échappé aux tripatouillages. Le censeur du lycée de cette ville sera Joseph Nkondjock, au lieu de Mme Kang Germaine finalement "appelée à d’autres fonctions". Et la liste est loin d’être exhaustive…
Selon des informations puisées à bonne source, les corrections évoquées plus haut ne représenteraient en effet que la partie visible de l’iceberg. Les tripatouillages, indique notre source, ont été plus importants que cela, et concerneraient plus du tiers des textes publiés le 29 août. Une source en service dans les services du Premier ministre révèle par ailleurs que certains rectificatifs suggérés par Louis Bapes Bapes ont été mis "sous embargo". Selon toute vraisemblance, les pouvoirs publics évitent que ce scandale soit dévoilé dans son ignoble plénitude.
Eugène Dipanda ,Quotidien Mutations