04 Août 2006
Commissionnaires agrées en douane et autres transitaires cherchent leur principal interlocuteur au lendemain du transfert de la direction générale des Douanes de Douala à Yaoundé. Des désagréments en perspective
Pour la deuxième journée de son séjour de Douala entamé depuis mercredi 2 août, Antoine Manga Massina, le directeur général des douanes a rencontré hier jeudi les opérateurs économiques de la place portuaire. Il était question pour lui d’expliquer aux opérateurs économiques les raisons qui ont poussé l’administration des douanes camerounaises à opérer le transfert de son siège de Douala, poumon de l’économie camerounaise, à Yaoundé. Devant un parterre d’invités, constitué de transitaires et autres commissionnaires agrées en douanes, M. Manga Massina a expliqué que ce transfert, programmé depuis plusieurs années “ s’inscrit dans le cadre de la réforme et de la modernisation de l’administration des douanes. De ce fait, il contribuera à résoudre un certains nombres de problèmes parmi lesquels le rapprochement de la direction générale des douanes du pouvoir de décision au ministère, de même, les conflits de compétence entre les structures de production que sont les secteurs des douanes et la direction générale, organe de conception de la politique douanière et de coordination ne sera plus qu’un triste souvenir… ”
Un transfert qui de l’avis du directeur général des douanes est réalisé à 40 %, et surtout, la vitesse de croisière sera atteinte dans les prochaines semaines.
Si les principaux acteurs privés de la chaîne du dédouanement n’ont pas trouvé grande chose à dire sur les raisons qui justifient ce transfert, ils n’ont pas manqué de présenter au patron de la douane leurs inquiétudes. “ M. le directeur général, si demain matin je devais vous adresser une requête, dois-je me rendre à Yaoundé pour le faire … ” Mme Kuaté, en activité dans une société de transit a ainsi résumé cette problématique. En effet, les opérateurs économiques de la place portuaire s’interrogent sur la célérité de certains actes de procédure dont la seule compétence est du directeur général des douanes après cette opération de transfert de la direction générale. Parmi ces procédures, l’on cite par exemple, l’attribution des visas, la gestion du comité d’appel, le renouvellement de la caution des commissaires agréés, les avis de changement de destination entre autres, des actes qui relèvent de la seule compétence du directeur général des douanes. “ Il est évident que si rien n’est fait, pour apporter des solutions à ces éventuels désagréments, ce sont les usagers qui vont payer le lourd tribut de ce transfert … ” conclut M. Onana, secrétaire permanent du comité Fal.
Mauvaises solutions
Visiblement troublé par ces préoccupations des invités à cette rencontre, Antoine Manga Massina a esquissé quelques pistes de solution. “ Ne surestimez pas la distance entre Douala et Yaoundé. Il y a les vols qui prennent juste une vingtaine de minutes. Ensuite, utilisez aussi les nouveaux outils de télécommunications comme le fax ou le téléphone… ” Le directeur général des douanes va aussi révéler qu’un contrat vient d’être signé entre son administration et un opérateur de la messagerie express de renom pour le transport au quotidien des documents de Douala à Yaoundé et vice-versa. Ces solutions ont soulevé un tollé dans l’assistance. Ces pistes n’ayant pas rencontré l’assentiment des opérateurs économiques. Et ceci pour plusieurs raisons. “ Et même si on devait adopter la solution de la messagerie, il est évident que cela va perdre énormément du temps à l’usager. Imaginez-vous quel temps cela va prendre d’aller d’abord expédier le document, ensuite attendre que ce même document fasse trois cents kilomètres avant de vous revenir. En outre, qui va payer les coûts liés à l’expédition ? ” s’interroge un membre du syndicat des transitaires. Toutes choses qui ont poussé le directeur à révéler à l’assistance qu’il était en train d’étudier une possibilité de délégation de certains pouvoirs de signature pour ces actes de procédures aux chefs secteurs en place à Douala. En outre, pour ce qui est des visas, il est question qu’un fonctionnaire de la direction générale des douanes reste à Douala pour s’en occuper ceci pendant la période transitoire. Des solutions qui malheureusement n’ont pas atténué les inquiétudes des opérateurs économiques de la place portuaire et donné à ce déménagement des allures d’impréparation.
La descente Ă Douala du directeur gĂ©nĂ©rale des douanes a aussi Ă©tĂ© l’occasion pour l’administration des douanes de prĂ©senter le nouveau scanner Ă conteneur du port de Douala, un outil qui va permettre de connaĂ®tre le contenu du conteneur sans qu’il y ait obligation de l’ouvrir.Â
Par Léopold Chendjou
Le 04-08-2006 Le Messager