07 Juin 2006
Ces fonds issus du C2D s’ajoutent aux 65,111 milliards dont a bénéficié le ministère des Travaux publics depuis l’atteinte du point de décision.
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Hier après-midi, lors du point de presse du gouvernement, le ministre des Travaux publics, Martin Aristide Okouda, a présenté un exposé mettant en exergue la situation actuelle des projets d’infrastructures routières, en particulier, ceux financés sur ressources PPTE. Puis, il a parlé des perspectives d’utilisation des ressources PPTE après le point d’achèvement.
S’agissant de la situation de l’utilisation des ressources PPTE de 2001 à 2006, le ministre des Travaux publics a indiqué que depuis le point de décision (octobre 2000) jusqu'à l'atteinte du point d'achèvement de l'initiative PPTE par le Cameroun (28 avril 2006), le ministère des Travaux publics (MINTP) a bénéficié d'une enveloppe totale de 65,111 milliards de FCFA de ressources PPTE.
Conformément aux priorités exprimées par l'ensemble de la population et aux orientations du gouvernement pour ce qui concerne les dépenses de lutte contre la pauvreté, ces crédits, a dit le ministre, ont été entièrement alloués aux projets d'infrastructures routières, à la fois sur le réseau des routes rurales et sur le réseau classé.
I- Utilisation des ressources PPTE de 2001 Ă 2006
1. Sur le réseau des routes rurales
Le ministre des Travaux publics a fait savoir que le Comité consultatif et de suivi de la gestion des ressources PPTE qui est tripartie (gouvernement, donateurs, société civile), dès 2001, avait validé la
" Fiche de projet du MINTP" concernant le programme de désenclavement des zones rurales à travers la réhabilitation d'un réseau de 2 400 km de routes rurales à réaliser sur trois ans pour un montant total de 25,972 milliards de FCFA. Parallèlement à ce programme, les ressources PPTE mises à la disposition du MINTP ont servi aux fonds dits de contrepartie, dans le cadre de montages financiers conjoints, à hauteur de 2,715 milliards de FCFA sur les routes rurales. Au moment où s'achève ce premier programme triennal, le bilan, d’après le ministre, se présente ainsi:
- Au cours de la première année du programme (2001-2002), une enveloppe de 4,615 milliards de francs CFA a permis de réhabiliter 489 km sur la base d'études disponibles sur le projet de l’AID dans les provinces du Centre et du Sud, dont le choix des itinéraires avait été établi par les populations bénéficiaires.
- A la deuxième année (2003-2004), 753 km de routes rurales ont été réhabilitées dans les dix provinces du Cameroun pour un coût de 8 milliards de francs CFA.
- La troisième année (2005-2006), dont les travaux en cours vont s'achever en novembre 2006, concerne la réhabilitation de 1 150 km pour un coût de 13,3546 milliards de francs CFA. Les travaux sont effectués dans les dix provinces du pays. Au total, les travaux sur le réseau de routes rurales ont mobilisé jusqu'alors 28,687 milliards de francs CFA.
2. Sur le réseau de routes classées
Martin Aristide Okouda a déclaré que les ressources mises à la disposition du MINTP ont été utilisées sur le réseau classé en appui à la réalisation de plusieurs projets, pour la plupart cofinancés avec d'autres bailleurs de fonds. Au total, une somme de 35,139 milliards a été engagée sur quinze projets, répartis comme suit :
Projets déjà achevés
- Routes Bachuo-Akagbe-Mamfé: 20 km (cofinancement BAD);
- Etudes environnementales pour les routes Kumba - Mamfé (cofinancement AID);
- Route Bertoua-Garoua-BoulaĂŻ : 245 km (cofinancement FED);
- Construction du pont de Makabaye (cofinancement AFD)
- Route Ambam-Kye Ossi: 32 km (cofinancement AFD);
- Programme d'urgence d'entretien routier (cofinancement AID).
Projets en cours d'exécution
Ils concernent, d’après le ministre des Travaux publics, les huit projets suivants pour un montant total engagé de 11,725 milliards de FCFA en 2005 et une provision de 15,292 milliards de FCFA pour l'année 2006.
- Route Ambam - Eking : 27 km (cofinancement BAD) ;
- Route Yaoundé - Olama: 80 km (cofinancement bailleurs du monde islamique) ;
- Route Ayos - Bonis : 205 km (cofinancement bailleurs du Monde Islamique) ;
- Route Ngaoundéré - Touboro - Frontière du Tchad vers Moundou: 225 km (cofinancement FED);
- Route Melong - Dshang : 23 km (cofinancement BAD);
- Réhabilitation route Loum - Pont du Nkam : 65 km (cofinancement KFW) ;
- Réhabilitation du pont sur le Moungo (cofinancement avec les fonds publics belges) ;
- Aménagement de la route Yaoundé - Soa : 11 km (entièrement financé sur fonds PPTE et BIP, sans bailleurs de fonds extérieurs).
Martin Aristide Okouda a tenu à préciser, de façon péremptoire, que les fonds sont arrivés à destination, et qu’il n'y a pas eu distraction. Certains dépassements (d'un montant de 500 millions pour une enveloppe de 65 milliards), ont été constatés et correspondent en fait à la différence entre les coûts d'inscription des projets et les attributions de marchés qui interviennent parfois deux ans après l'inscription, a dit le ministre.
II- Perspectives après le point d’achèvement
S'agissant des perspectives, Martin Aristide Okouda a déclaré que son ministère a élaboré en 2005, avec ses partenaires (les ministères dûment concernés, les bailleurs de fonds, les entreprises), une stratégie pour le secteur du bâtiment et des travaux publics ainsi qu'un Plan directeur routier.
La stratégie sectorielle et le Plan directeur routier, qui sont de véritables outils conceptuels, offrent maintenant, a affirmé le ministre, des orientations claires, à moyen et long termes, quant aux actions devant être conduites dans le domaine des routes, tant en termes de priorités d'intervention sur le réseau (travaux de réhabilitation et d'aménagement des routes), que de réformes sectorielles devant améliorer l'efficacité et l'impact des réalisations ainsi faites. Il s'agit d'améliorer la qualité du service offert par nos routes afin de rendre meilleures les conditions de circulation des personnes et des marchandises en termes de délais, de confort et de coût, sur l'ensemble du territoire national, ceci permettra assurément de concourir de façon optimale au développement, à la réduction de la pauvreté et à l'amélioration des conditions de vie des populations, a expliqué Martin Aristide Okouda.
C'est ainsi que l'un des principes retenus pour l'avenir, pour l'utilisation des ressources issues de l'allègement de la dette, a dit le ministre, est d'opérer des choix de manière encore plus participative, en s'appuyant sur les populations bénéficiaires, notamment pour des itinéraires à réhabiliter sinon à construire en milieu rural. La programmation sera également intégrée et cohérente, en considérant les stratégies et les grands programmes de développement notamment dans le secteur des activités rurales, a-t-il ajouté. Il a cité l’exemple des bassins de production rurale identifiés qui doivent nécessairement être irrigués en matière routière afin de favoriser l'évacuation des produits.
Pour être concret, il a évoqué le volet routier du programme C2D, qui porte sur cinq composantes réparties sur l'ensemble du territoire national, pour un montant total de travaux de près de 83 milliards de FCFA en cinq ans. Ce volet viendra, d’après le ministre, répondre à des besoins de désenclavement, par la réhabilitation de routes rurales, et à la nécessité d'améliorer les conditions de circulation sur le réseau prioritaire, plus précisément par des interventions sur de nombreux ouvrages d'art et tronçons d'itinéraires de première importance au plan économique. Les interventions porteront sur :
-Composante n°1 : la suppression des points de rupture existants ou potentiels sur le réseau prioritaire par la réparation ou le remplacement d'environ 250 ouvrages d'arts (ponts et dalots) pour un coût total de 14,059 milliards de francs CFA. L'ensemble des provinces est concerné par cette composante. Il s'agit par exemple :
du pont sur le Mayo Galke sur la Route nationale N°13 entre Guidjiba et Tcholliré dans la province du Nord ;
du Pont de Palar entre Maroua et Mora dans la province de l'ExtrĂŞme-Nord ;
du pont métallique sur la Dibamba entre Bonepoupa et Edéa dans le Littoral.
Composante n°2 : l'aménagement progressif de l'itinéraire Foumban - Tibati - Ngaoundéré, qui concerne les provinces de l'Ouest et de l'Adamaoua, pour un montant total de 20, 851 milliards de FCFA, sur un linéaire de 607 km. Ces travaux prendront en compte :
- la réhabilitation des ouvrages d'art;
- le traitement des bourbiers ;
- le bitumage de certaines traversées des villages.
Composante n°3: le renforcement de la RN1 entre Ngaoundéré et Garoua, qui concerne les provinces de l'Adamaoua et du Nord, pour un coût total de 20, 852 milliards de FCFA, sur un linéaire de 270 km. Ces travaux devront prendre en compte :
-le renforcement des berges de la Bénoué à l'entrée de Garoua;
-l'élargissement de la chaussée et le confortement des éboulis rocheux au niveau de la falaise de Mbe ;
-la réhabilitation et la construction des ponts qui passent d'une à deux voies ;
-l’aménagement des traversées d'agglomérations.
Composante n°4 : la réhabilitation de certaines routes rurales dans les provinces côtières, pour un montant total de 12, 202 milliards de FCFA. Cette opération porte sur un linéaire total de 800 km.
Composante n°5 : la réhabilitation des ouvrages d'art et la réhabilitation de certaines routes en zone cotonnière (Adamaoua, Nord, Extrême-Nord), pour un coût total de 14, 930 milliards de FCFA. L'étude en cours porte sur 2000 km et une quarantaine de ponts.
A l'énumération de ces projets du C2D routier première génération, l'on constate, de l’avis du ministre, qu'un accent particulier est mis sur l'amélioration des conditions de circulation sur le corridor Douala — N’Djamena dans toutes ses alternatives et ce, notamment en ce qui concerne la zone septentrionale du pays.
La procédure d'appel d'offres pour la plupart de ces opérations démarrera dans les prochains jours afin que les chantiers concernés soient opérationnels dans le mois de novembre eu égard à la réglementation qu'il faudra respecter, a fait savoir Martin Aristide Okouda.
Parallèlement, a indiqué le ministre, les autres ressources issues de l'allègement de la dette continueront d'être sollicitées pour répondre à une partie des importants besoins de financement qui ressortent de la stratégie sectorielle et du Plan directeur routier. Elles devront permettre, comme par le passé, de financer entièrement certains projets, notamment sur les routes rurales, et d'assurer la contrepartie financière pour des projets importants cofinancés. Les modalités de préparation, de présentation, de suivi et d'évaluation de ces programmes seront améliorées, par l'application des procédures appropriées et par l'action d'instances spécifiques, qui viseront à opérer des choix conformes à l'objectif premier des ressources PPTE, qui est la réduction de la pauvreté, avec pour nécessité de s'assurer que la réalisation de ces projets a bien eu des impacts significatifs dans ce domaine.
Conclusion de Martin Aristide Okouda : le point d'achèvement nous offre une double opportunité. La première va bientôt apparaître concrètement, avec le lancement très prochain des importants programmes routiers du C2D. La seconde, qui est son corollaire nécessaire, porte sur l'accélération des réformes sectorielles dont les effets deviendront visibles avec l'amélioration de la capacité et des performances du secteur routier. Parmi ces réformes, il a cité le guichet d'investissement du Fonds routier dont les performances en tant que guichet de paiement des travaux d'entretien routier sont déjà unanimement reconnues, et qui assurera en principe, pour les travaux routiers du C2D, les mêmes délais de paiement très courts (quelques jours), qui sont le gage d'un développement possible pour les entreprises intervenant dans ce secteur d'activité, qui demande la mise en œuvre préalable de capitaux importants.
Photo: Route Bertoua - Garoua Boulai
YAOUNDE - 06 JUIN 2006
 Rousseau-Joël FOUTE, Cameroon Tribune