15 Fév. 2006
 Un avis de sollicitation de manifestation d’intérêt lancé pour les études techniques.
Le Cameroun envisage de construire une autoroute, c’est-à -dire une route à deux chaussées séparées, conçue pour une circulation automobile rapide et sûre, aux accès spécialement aménagés et sans croisement à niveau. De source bien informée à la sous-direction des investissements routiers du ministère des Travaux publics, le projet est inscrit dans le programme des grandes ambitions du septennat actuel du chef de l’Etat. Evidemment, l’autoroute à construire entre la capitale et l’aéroport international de Yaoundé- Nsimalen n’est pour le moment qu’une idée couchée sur du papier. Sa construction effective passe par plusieurs étapes, dont la première est la réalisation, selon les standards internationaux, des études techniques ou de faisabilité. C’est dans ce cadre qu’il faut situer l’avis de sollicitation de manifestation d’intérêt publié hier dans nos colonnes par le maître d’ouvrage, en l’occurrence le ministre des Travaux publics, Martin Okouda.
Le lot 1 de cet avis concerne les études techniques relatives à l’autoroute Yaoundé-Nsimalen.
La sollicitation à manifestation d’intérêt a pour objet dans ce cas la préqualification des bureaux d’études techniques devant participer à l’appel restreint portant sur ces études techniques au titre de l’exercice 2006.
A la sous-direction des investissements routiers, on déclare que le projet vise au moins deux objectifs : la fluidité du trafic entre l’aéroport international de Nsimalen et la ville de Yaoundé, puis, la sécurité des hôtes de marque qui empruntent cette voie. Car on sait que des accidents de la circulation sont régulièrement enregistrés sur la route actuelle, utilisée à la fois par les riverains, les voyageurs à destination ou en provenance du département du Nyong-et-So’o et de la province du Sud, et ceux à destination ou en provenance de l’étranger. C’est aussi un axe routier faisant partie du réseau intégrateur en zone CEMAC, permettant de joindre à partir de Yaoundé par une route bitumée, le Gabon, la Guinée Equatoriale et le Congo. Il est également question de faire construire une autoroute à la dimension de l’aéroport international de Nsimalen, afin que celui-ci, l’une des portes d’entrée du Cameroun, produise tous les effets bénéfiques attendus au plan économique et touristique.
Contours
Pour le moment, il n’est malheureusement pas possible, techniquement, de présenter les contours du projet. Ce sont les études à réaliser qui permettront de le savoir. Elles vont préciser les contraintes techniques, d’aménagement (impact environnemental) et d’exploitation d’une autoroute sur cet axe. On ne peut non plus savoir au stade actuel l’échéance de construction de l’ouvrage, parce que les études n’ont pas encore été réalisées. Même le tracé n’est pas encore connu. Les bureaux d’études vont proposer à ce sujet plusieurs variantes en mettant en exergue à chaque fois les avantages et les inconvénients propres à chaque variante. Même si on peut d’ores et déjà imaginer que l’environnement du site étant urbain, il va falloir déplacer les populations qui seront touchées par le tracé retenu. C’est également à partir du dossier de faisabilité qu’on va avoir une idée du coût du projet avant de commencer à chercher les financements. D’ailleurs, affirment les experts, le taux de rentabilité économique du projet qui reste à déterminer devrait influencer l’attitude ou l’intérêt des bailleurs de fonds.
Le projet de construction d’une autoroute vient s’ajouter aux études techniques relatives aux voies de contournement de la ville de Yaoundé, et au projet de construction toujours dans la capitale d’un échangeur qui partirait du rond point " trois statues " en direction du quartier Mvog-Mbi. Cet ensemble de projets montre que les pouvoirs publics pensent sérieusement à donner à Yaoundé un visage futuriste au cours des prochaines années.
Le lot 2 de l’avis de sollicitation de manifestation d’intérêt publié hier porte quant à lui sur les études techniques relatives au raccordement des unités administratives avoisinant les axes Yaoundé-Douala et Yaoundé-Bafoussam au titre de l’exercice 2006. C’est pour permettre aux populations de ces unités administratives d’accéder facilement aux deux grands axes routiers. Il est question de poursuivre à ce niveau une action déjà engagée avec le raccordement par exemple de la ville d’Eséka à l’axe Douala-Yaoundé, ou de Sa’a, Obala, Monatélé, Ndikinimeki et Bokito à l’axe Yaoundé-Bafoussam.
 Rousseau-Joël FOUTE [15/02/2006]
Cameroon Tribune