02 Déc. 2005
Le dernier sursaut de la société Camtel vient relancer le marché dans un secteur décidément très animé.
La surprise en cette fin d’année est bel et bien venue du téléphone fixe. En lançant son nouveau service " CT Phone ", la Cameroon Telecommunications (Camtel) a pris tout le monde de court. D’abord ses clients. Mais dans le bon sens. En tout cas, personne ne se plaint de pouvoir obtenir une ligne de téléphone fixe en moins d’une heure. Alors que jusque-là il fallait parfois attendre des années. Les clients de Camtel ne se plaindront pas non plus des tarifs annoncés par voie de campagne publicitaire depuis hier. On apprend par exemple que les communications du fixe vers les réseaux mobiles coûteront 120 F Cfa la minute, contre les 240 F qu’on paie actuellement quand on appelle d’un portable. Autre exemple : l’appel vers la France coûtera désormais 320 F la minute sur le fixe. Avec en plus des réductions de moitié sur tous les appels pendant les " heures creuses ", c’est-à -dire entre 20h et 7h du matin.
Les faits et ces chiffres le montrent à suffisance : l’opérateur de téléphonie fixe vient de prendre un tournant inattendu de son développement. Et un regain de vitalité est naturellement attendu de cette option qui va certainement relancer la concurrence dans le secteur du téléphone tout court. Le téléphone tout court, car il est clair que le " CT Phone " de Camtel vient réduire à sa plus simple expression la frontière entre le fixe et le mobile. En plus des tarifs très concurrentiels, le fait de pouvoir se balader en ville avec son téléphone fixe est incontestablement un argument de supplémentaire conviction. Car même si on ne peut pas se servir de son CT Phone à Garoua pour le moment, le fait d’être joignable et de pouvoir appeler toutes les destinations à moindre coût va incontestablement peser sur la balance.
Et sur ce plan-lĂ , on pense Ă©videmment aux concurrents de Camtel, eux aussi surpris par ce sursaut. Au point oĂą nous en sommes, on voit mal les opĂ©rateurs de tĂ©lĂ©phonie mobile Orange et MTN Cameroon maintenir leurs tarifs actuels. La ruĂ©e observĂ©e en ce moment vers le CT Phone concurrent va permettre de tester la fiabilitĂ© de la nouveautĂ©. Mais elle est surtout un indicateur auquel les opĂ©rateurs du cellulaire ne sauraient ĂŞtre insensibles. Et en attendant des dĂ©veloppements prĂ©visibles de la guerre des prix que vient de dĂ©clarer la Cameroon Telecommunications, ce sont les consommateurs qui se frottent les mains. Les premiers clients du CT Phone, bien sĂ»r qui paient dĂ©jĂ moins cher. Mais aussi les abonnĂ©s des autres rĂ©seaux, qui peuvent ĂŞtre certains que le tĂ©lĂ©phone ne leur prendra plus autant d’argent qu’en ce moment.Â
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 Yves ATANGA
 [02/12/2005] Cameroon Tribune
Le nouveau "portable-fixe" de Camtel n’a pas que des avantages de prix et de flexibilité.
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 Ce produit a été annoncé comme " une nouvelle page " que l’entreprise publique de téléphonie fixe, la Cameroon Telecommunications, autrement dit Camtel, tourne dans l’espace communicationnel national. La configuration même du produit est tout à fait originale par rapport aux offres traditionnelles. Alors que depuis belle lurette la clientèle se plaignait de ne pas être servie en téléphones fixes dans un environnement où l’on déplorait le vieillissement des équipements pour justifier une certaine apathie, le City Phone est venu renouveler les possibilités d’offres. Alors qu’il était question de l’arrêt des investissements du fait de la privatisation en cours de Camtel pour justifier les difficultés d’extension des lignes, aujourd’hui, on est bien en droit de se demander comment on a pu sortir cet autre " dieu " de la machine, pour emprunter une image du théâtre grec.
Le City Phone a pour premier avantage la diversité de sa présentation. Dans les halls de réception où le produit est présenté au nombreux public qui accourt, il y a les deux grandes formules, le téléphone fixe et le portable, avec pour dénominateur commun qu’ils sont sans fil. Dans un cas comme dans l’autre, on peut choisir entre une formule simple ou populaire et une autre plus luxueuse ou complexe. Ainsi du portable, comme du fixe dont le deuxième module peut aider au branchement d’un fax, avec possibilité d’accès à Internet pour l’avenir. Si l’on ajoute à cela le fait qu’en prenant par exemple l’option portable " ordinaire " à 57.000 francs on dispose d’un crédit de 10.000 francs pour des communications à 120 francs la minute vers tous les réseaux de téléphonie mobile et de 70 francs la minute vers tous les autres City Phone et vers les téléphones fixes, on a sûrement là une bonne affaire. Ceux qui avaient besoin de ligne, notamment fixes, sont servis, tandis qu’il y a l’avantage de prix de communication par rapport aux autres fournisseurs chez qui la minute est généralement livrée à 240 francs. Ce qui justifie l’affluence dans les halls de livraison de ces produits nouveaux qui compte déjà au rang de sa clientèle de nombreux gérants de " call box ".
Limites actuelles
Il n’y a cependant pas à pavoiser sans prendre en compte les limites actuelles du City Phone. D’abord, la localisation actuelle à Yaoundé, Douala et Meyomessala constitue la première réduction de champ. Du côté de Camtel, on justifie ceci par l’existence dans ces localités de réseaux numériques et aussi, par le fait qu’au lancement de ce nouveau produit, seules 20.000 lignes étaient disponibles. S’il est souhaitable que l’extension à d’autres chefs-lieux de provinces soit effective, il est aussi souhaitable que la formule " roaming " soit activitée, parce que pour l’heure, ce téléphone ne peut être opérationnel que dans un rayon de 50 km dans la ville où il a été acquis, même s’il appelle partout et reçoit des appels de partout. Encore que certains clients de quelques quartiers de Yaoundé comme " Eleveurs " ont élevé des protestations, pour avoir acquis un appareil et s’être retrouvés sans réseau. D’autres souhaits pour les portables, vont dans le sens de l’exploitation des SMS.
Il est question dans la réclame de Camtel qui casse les prix. On ne peut perdre de vue que jusqu’ici, de fixe à fixe, il était question d’unités à 40 francs avec une déclinaison à 20 francs aux heures creuses, ou aussi de prix inter localités à 100, 200 ou 400 francs la minute, selon les distances. On va certainement oublier très rapidement tous ces détails pour faire surtout le constat de ce que par rapport à la concurrence, cela coûte bien moins cher. Cependant que la formule portable, sans puce, a l’avantage qu’on ne peut le voler et l’utiliser impunément. Ce qui n’est pas mal, pour la sécurité. Aux opérateurs d’en face de se lancer dans des efforts de baisse de prix et d’attraction, face à cette autre concurrence qui s’annonce sérieuse.
David NDACHI TAGNEÂ
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Les concurrents préparent la riposte
Si à MTN on ne révèle pas sa stratégie, à Orange, on entend renfoncer son réseau.
Le directeur général d’Orange Cameroun, Philippe Luxcey, trouve que la baisse des prix des communications à laquelle vient de procéder l’opérateur de téléphonie fixe, CAMTEL, " est une très bonne initiative ". Il rappelle qu’au cours d’une conférence de presse qu’il a donnée avant-hier à Yaoundé, il a déclaré que la baisse des prix est un sujet à l’ordre du jour. On a constaté, a-t-il dit, qu’il y a une baisse des prix dans tous les pays du monde au fil du temps. Philippe Luxcey dit avoir saisi cette occasion pour insister sur le fait qu’à cause du manque d’infrastructures, les coûts d’exploitation d’un réseau mobile au Cameroun sont de loin supérieurs à ce qu’on note dans d’autres pays, notamment par manque d’énergie et par manque d’infrastructures de transmission. Cette situation, poursuit le directeur général d’Orange Cameroun, " nous oblige à implanter beaucoup plus de pylônes, puis d’alimenter tous les pylônes avec des groupes électrogènes 24 h sur 24. Ce qui entraîne des charges très lourdes. Donc, je dis légitimement : baisser les prix, oui, mais il faut faire attention aux charges. Nous avons évidemment des projets en terme de baisse des prix, mais nous préférons réserver la surprise aux consommateurs. Nous avons plusieurs choses en préparation. C’est une question de timing. Nous sommes en train de voir comment vont évoluer les coûts d’exploitation ", a lancé Philippe Luxcey.
Ce dernier précise qu’Orange Cameroun possède aujourd’hui une très bonne couverture du réseau en termes de superficie et de qualité. Les axes économiques Douala-Yaoundé et Yaoundé-Bafoussam sont couverts, dit-il, à 95%. La plus grande révélation, c’est qu’Orange Cameroun a décidé d’investir en 2006 plus de 40 milliards de F CFA dans le développement du réseau, ce qui constitue le plus gros investissement de l’année depuis la création de l’entreprise. En volume, Orange Cameroun investira 40% de sites supplémentaires l’année prochaine. Cela se traduira concrètement par un désenclavement de certaines régions du Cameroun. Cette évolution permettra de couvrir trois millions de Camerounais en plus. D’ailleurs, a souligné Philippe Luxcey, l’extension réalisée ces derniers temps représente un doublement de la capacité d’accueil des clients prépayés. Orange se dit prête à gérer en toute sérénité les sollicitations de la clientèle penda,nt les fêtes de fin d’année. Conclusion du patron d’Orange Cameroun, " si on peut avoir des exonérations du gouvernement en matière de création d’infrastructures, à partir de ce moment là , les incitations fiscales dont on pourrait bénéficier se répercuteraient sur les prix ".
Chez l’autre opérateur de téléphonie mobile, MTN Cameroon, Jean-Claude Ottou, le directeur général adjoint chargé de la communication de cette entreprise, s’est tout simplement félicité de la vitalité retrouvée de CAMTEL. En revanche, il n’a pas souhaité s’exprimer sur ce que son entreprise envisage de faire en matière de prix des communications.
Rousseau-Joël FOUTE
La nouvelle guerre du téléphone: Le client-roi
La technique, c’est la façon de produire. Mais le but de la production c’est la consommation. Le progrès technique réside donc dans l’amélioration des procédés de production, afin de mieux satisfaire les besoins. Il peut résulter des innovations qui permettent de satisfaire des besoins inconnus ou insatisfaits jusque-là . Aucune branche professionnelle n’est à l’abri des effets du progrès technique. L’apparition de CT Phone à Camtel s’inscrit dans cette logique.
Avec la libéralisation, le secteur des télécommunications connaît un nouvel élan et un boom de la téléphonie mobile. Avec Camtel, la téléphonie fixe connaît aussi une mutation. Dans cet environnement, la possession d’un téléphone qui était un parcours du combattant il y a quelques années, est devenu très facile. En ville comme à la campagne, plus de 2 millions de Camerounais peuvent téléphoner non seulement au Cameroun, mais partout dans le monde. Le téléphone qui naguère était un produit des grandes villes, s’est étendu aux villages. Les plaintes qui venaient des Camerounais ordinaires et des hommes d’affaires, commencent à s’estomper.
Le progrès technique s’observe à Camtel à l’heure actuelle sur une amélioration apportée au téléphone fixe. L’abondance du CT Phone dans la société et la nécessité de le rendre attractif entraînent dans leur sillage la baisse des prix. Cela ne peut que profiter aux clients, aux consommateurs. Camtel semble avoir bien étudié son marché et ses concurrents, ainsi que l’évolution du goût des consommateurs avant de lancer le nouveau service. La campagne publicitaire menée depuis des semaines avec professionnalisme en est une preuve.
Avec le nouveau produit, Camtel compte reconquérir le terrain perdu. Beaucoup de Camerounais pourront ainsi accéder à CT Phone. Pour les attirer, l’accès au nouveau produit, se fait sans rendez-vous et sans paperasse. La bousculade observée depuis quelques jours devant les bureaux de Camtel à Yaoundé prouve qu’il répond parfaitement à une demande qui était en sommeil. La concurrence dans le secteur des télécommunications est par conséquent une bonne chose pour le consommateur.
Avec CT Phone, le client est devant un choix multiple dans ce secteur au Cameroun. En vue de l’attirer, parions que les opérateurs vont encore faire baisser leurs prix. Dans les télécommunications, il faut le dire, le client devient progressivement roi. La campagne de publicité de Camtel en cours n’est donc pas le fait du hasard. Elle vise à arrêter son intérêt, à éveiller son attention, à le convaincre et à déclencher en lui le désir ou la décision d’achat ou d’abonnement. Parions qu’au cours des prochains mois, la compétition sera rude entre les opérateurs, dans le domaine de la publicité, pour attirer la clientèle.
Jean Ngandjeu