13 Juil. 2005
Les rumeurs autour de la succession du recteur sortant courent dans tous les sens
Depuis un certain temps déjà , des rumeurs plutôt folles et passablement passionnées couvrent, d’un voile suspect, la sérénité qui caractérise habituellement l’Université Catholique d’Afrique Centrale (UCAC) (Institut Catholique de Yaoundé). Ce sont, pourrait-on dire, les rumeurs de fin de règne. En effet, c’est le 31 août prochain que M. l’Abbé Oscar Eone Eone quitte officiellement ses fonctions de recteur de l’UCAC. C’est à cette date que son second mandat arrive à terme. Conformément à l’article 25 des statuts généraux de l’Institut Catholique de Yaoundé, " le Recteur est nommé pour une période de trois ans, renouvelable une seule fois consécutivement, sauf dérogation accordée par l’Association des Conférences Episcopales de la Région d’Afrique Centrale (ACERAC), avec l’assentiment de la Congrégation pour l’Education Catholique… "
C’est donc de tout ce qui se rapporte à la succession du recteur que les rumeurs actuelles se sont nourries. On dit, entre autres, que c’est M. l’Abbé Olivier Massamba Loubelo, vice-recteur, qui aurait été proposé, en janvier 2005, par les évêques au cours d’une rencontre de l’ACERAC, pour devenir le prochain recteur de l’UCAC. Mais comment se fait-il que cette proposition d’évêques ait pu être portée à la connaissance de M. l’Abbé Massamba Loubelo, alors que les travaux étaient censés se dérouler dans le plus grand secret et que, de toute façon, rien ne pouvait être tenu pour acquis, tant que le Saint Siège n’avait pas encore donné sa confirmation ?
Critères objectifs
Entre temps, une campagne assez pernicieuse s’était déclenchée, venant on ne sait d’où, mais éclaboussant M. l’Abbé Massamba Loubelo de toutes sortes de turpitudes. Bref ! cette campagne visait, de toute évidence, à présenter le vice-recteur Massamba Loubelo comme un prêtre indigne qui, entre autres, levait trop le coude, recherchait activement la compagnie tendre des étudiantes et oubliait, en dimanche comme en semaine, de dire la messe. Le mis en cause s’en défend ardemment. De nombreux partisans - enseignants, étudiants, prêtres, laïcs et paroissiens - prennent son parti, parfois avec passion.
Et la Congrégation pour l’Education Catholique (en fait, le Saint Siège) dans tout cela ? On attend toujours. Pour le moment, Rome n’a pas donné son indispensable confirmation. Et, d’après ce qui se murmure, il est très peu probable, dans les conditions actuelles, que ladite confirmation soit donnée en faveur de M. l’Abbé Massamba Loubelo. Mais, surtout, ne concluons pas trop vite que les réticences de Rome sont la conséquence directe de la mauvaise campagne déclenchée contre l’abbé Massamba Loubelo. Les motivations du Saint Siège — il faut l’affirmer absolument — sont moins terre à terre ; au contraire, elles puisent, plus souvent, dans des critères objectifs qui privilégient autant la bonne moralité du candidat concerné que sa dimension humaine et sa valeur intellectuelle.
Les choses étant ainsi, M. l’Abbé Eone Eone aura-t-il donc droit à un troisième mandat, à titre exceptionnel, comme certaines personnes trop enthousiastes et peu renseignées l’ont suggéré ? Il n’en est pas du tout question. Le 31 août prochain, M. l’Abbé Eone Eone cessera d’être le Recteur de l’UCAC. Toutefois, compte tenu du tournant que les événements ont pris, il n’est pas impossible que deux ou trois mois supplémentaires lui soient accordés, afin qu’il prépare plus sereinement la passation de service.
Bien entendu, d’ici là , d’autres propositions de candidatures seront adressées à Rome par les membres de l’ACERAC. En tout cas, on n’a pas besoin d’être le prophète Jérémie pour deviner que le nom du successeur de M. l’Abbé Oscar Eone Eone sera bientôt connu.
Patrice ETOUNDI MBALLAÂ
 [13/07/2005] Cameroon Tribune