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[Grande criminalité-Yaoundé sous la dictature des malfrats]
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05 Mars 2002
Les bandits ont repris du service. Le rationnement du courant Ă©lectrique par l’AES-Sonel leur facilite la tâche. La population saisie de peur ne sait plus oĂą mettre la tĂŞte.
Le quartier Rue Manguier Ă YaoundĂ©, au lieu dit “chapelle des manguiers”, a Ă©tĂ© rĂ©veillĂ©, mardi 19 fĂ©vrier par une clameur diffuse et des tirs nourris d’armes de guerre des Ă©lĂ©ments de la gendarmerie. Les bĂ©rets rouges sont venus traquer quatre des six membres d’un redoutable gang pris en filature depuis une dizaine de jours. Non loin de la mission catholique de Rue Manguier, Il a Ă©tĂ© retrouvĂ© dans les domiciles respectifs des quatre jeunes gens dont l’âge varie entre 20 et 26 ans, d’importants stocks d’Ă©quipements Ă©lectromĂ©nagers volĂ©s au cours de multiples braquages.
Le 18 fĂ©vrier dĂ©jĂ , vers treize heures, le dĂ©pĂ´t de boissons hygiĂ©niques des Ă©tablissements Ndongo Essomba Jean Bernard au quartier Rue Manguier a Ă©tĂ© braquĂ© par trois hommes armĂ©s de longs fusils de guerre. Selon le tĂ©moignage de la gĂ©rante du dĂ©pĂ´t qui a rĂ©ussi l’exploit malgrĂ© son âge avancĂ© de franchir le mur de la barrière pour Ă©chapper aux multiples coups des assaillants sur le personnel trouvĂ© sur les lieux, « c’est la quatrième fois qu’ils viennent le faire. Ils sont arrivĂ©s comme de clients ordinaires, c’est alors qu’ils ont sorti des armes qu’ils dissimulaient dans leurs vĂŞtements lourds » Après avoir vidĂ© la caisse qui ne contenait que moins de 100000 francs, les trois hommes âgĂ©s d’environ 40 ans sont repartis Ă abord d’une “Renault 25” en promettant d’abattre prochainement la gĂ©rante .
Un inspecteur de police abattu
La sĂ©rie a cependant Ă©tĂ© ouverte le 12 fĂ©vrier 2002 avec l’assassinat d’un inspecteur de police au voisinage de l’agence de voyage “Binam” au quartier Tongolo. Pour la veuve inconsolable, le jeune inspecteur a Ă©tĂ© pris pour son voisin antigang Ă qui “les malfrats Ă©taient venus faire la fĂŞte”. Elle dĂ©clare que la scène a eu lieu vers 21 heures. Avant d’aller se coucher, l’Ă©pouse de l’inspecteur est sortie s’assurer que rien ne traĂ®nait plus hors de la maison, c’est alors qu’elle a Ă©tĂ© tenue en respect par trois hommes armĂ©s qui n’ont pas tardĂ© Ă pĂ©nĂ©trer dans la maison. Surpris alors qu’il portant un bĂ©bĂ© dans ses bras,le portrait se battra nĂ©anmoins avec ses agresseurs , au point de les mettre en difficultĂ©. Pour tout recours, l’un d’eux n’hĂ©sitera pas Ă ouvrir le feu Ă bout portant sur le jeune inspecteur de police. Trois coups de feu vont ainsi lui broyer le tronc. On apprendra plus tard que les malfrats s’Ă©taient trompĂ© de victime et cherchaient plutĂ´t un antigang occupant la maison voisine Ă celle du malheureux disparu.
Le 13 fĂ©vrier (le lendemain), c’est le quartier Oyom-Abang qui vivait impuissant le meurtre d’un opĂ©rateur Ă©conomique tuĂ© par quatre individus lourdement armĂ©s. Selon des informations, les bandits qui exigeaient cinq millions de francs CFA au moins Ă leur victime, Ă©taient conduits par un capitaine qui aurait depuis Ă©tĂ© apprĂ©hendĂ©. Dans la nuit du 14 au 15 fĂ©vrier, des coups de feu ont Ă©tĂ© entendus nuitamment au quartier Ahala, dans la rĂ©gion de Nsam Ă YaoundĂ©. Le lendemain matin, c’est deux corps qu’on trouvait (un homme et une dame ), baignant dans du sang, transpercĂ©s par des balles. Le couple est sans doute tombĂ© dans une embuscade tendue par des malfrats.
Coupures d’Ă©lectricitĂ©
Dans cette sĂ©rie noire, c’est la nuit du 16 fĂ©vrier qui a Ă©tĂ© la plus agitĂ©e avec sept braquages couronnĂ©s par l’assassinat du magistrat Paul NkouĂ©. Ainsi les quartiers Mimboman (avec trois agressions Ă mains armĂ©es) arrive en tĂŞte. Suivi de Etoudi qui a vu deux dĂ©bits de boisson dĂ©valisĂ©s. Alors qu’un coin populaire de Biyem-Assi recevait la visite d’individus armĂ©s. Pour ce dernier cas, des tĂ©moignages font Ă©tat de ce que l’un des occupants des trois maisons visitĂ©es a, Ă l’aide d’un tĂ©lĂ©phone portable tentĂ© d’informer la gendarmerie. Dans la pĂ©nombre, pour cause de coupure d’Ă©lectricitĂ©, l’un des agresseurs lui aurait rĂ©torquĂ© : “tĂ©lĂ©phone bien, ton tour arrive”.
Les coupures d’Ă©lectricitĂ© qui sont devenues monnaie courante Ă YaoundĂ© facilitent ainsi le sale travail des bandits. A la tombĂ©e de la nuit, les populations des quartiers contraints au dĂ©lestage ne savent plus ou donner de la tĂŞte.: “c’est dans cette obscuritĂ© qu’on viendra nous raccourcir des tĂŞtes”, s’Ă©criait une dame Ă Tongolo lundi dernier. La peur est donc de retour dans la mĂ©tropole capitale. Qui saura y mettre fin ? (Sources Le messager du 28/02/2002)
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